En Belgique, le système informatique du ministère de l’intérieur a été piraté depuis deux ans
La Chine est soupçonnée d’avoir profité d’une faille du système Microsoft Exchange pour mener une attaque de grande ampleur depuis le printemps 2019.
Attribuée à « un Etat étranger » – la Chine, « à 99,9 % » selon un expert cité mercredi 26 mai par le quotidien De Morgen –, la cyberattaque a visé le ministère fédéral de l’intérieur, dont presque tout le système aurait été violé, hormis, cependant, ses éléments les plus sensibles au plan sécuritaire, affirment des sources officielles, dont le parquet fédéral chargé du terrorisme et de la grande criminalité.
Défaut identifié en 2020
Inti de Ceukelaire, spécialiste de la cybersécurité qui se définit comme un « hackeur éthique » et s’était rendu célèbre en manipulant le compte Twitter de Donald Trump en 2018, désigne, lui, Pékin comme l’organisateur d’un piratage qui a utilisé une faille du système Microsoft Exchange. Celui-ci permet notamment les échanges de courriels au sein d’une organisation.
Ce défaut, inconnu jusque-là, a été identifié et corrigé en 2020. A cette occasion, c’est un groupe de hackeurs chinois appelé « Hafnium » – du nom d’un élément chimique – qui a été désigné comme le seul capable d’avoir identifié ce défaut. Il serait directement lié à l’Etat chinois.
C’est la deuxième fois en quelques semaines que la Belgique met au jour une cyberattaque. Mardi 4 mai, Belnet, un service public qui assure l’accès à Internet du Parlement, des universités, des organismes de recherche, des hôpitaux, etc., a été paralysé.
Les services de renseignement ont refusé, cette fois-là aussi, de désigner l’éventuel responsable de la cyberattaque mais tous les regards se sont tournés vers la Chine. D’autant que le Parlement débattait, ce jour-là, de la situation de la minorité ouïgoure du Xinjiang en vue du vote éventuel d’un texte condamnant l’attitude du gouvernement chinois en la qualifiant de « génocide ».